Présentation

Le concept de vulnérabilité [vulnerability] émerge dans différents champs des sciences humaines et sociales dans les années 1990/2000, à mesure que s’accroît « la société du risque » (Beck, 1986). Il repose sur des fondements philosophiques comme l’éthique de la sollicitude (Ricœur, Levinas) et du care (Gilligan) et a suscité de nombreux travaux dans le domaine de la sociologie, de la psychologie, du droit, de la philosophie politique et morale.

Méta-objet transdisciplinaire, il est l’indice d’une révolution anthropologique qui permet une nouvelle lecture des grilles à partir desquelles se construit la représentation de l’humain (Martucelli, 2014, Genard, 2015). Ce concept permet en effet d’avoir une vision plus large des multiples sources de fragilité qui excèdent les privations matérielles, la précarité ou l’exclusion. Il souligne un changement dans la façon d’appréhender leurs effets multiples - sanitaires, sociaux, économiques, environnementaux -, ainsi que les réponses individuelles, collectives, institutionnelles ou politiques proposées pour y remédier.

Eprouvée dans des contextes empiriques donnés, la vulnérabilité et les situations de vulnérabilité sont aussi des objets de re-présentations sociales, psychologiques et esthétiques, donnant lieu à des configurations subjectives, dramatiques ou narratives. L’exposition de la vulnérabilité, depuis les espaces de la vie quotidienne jusqu’aux arènes publiques, incluant les mondes de l’art, ouvre une réflexion sur ses modalités de voilement et de dévoilement, sur ses mises en forme, ses mises en scène, mais aussi sur les processus d’invisibilisation ou au contraire de surexposition des « corps vulnérables » ou des « populations vulnérables » dans les sociétés contemporaines. Engageant le domaine du sensible et de la perception, la mise en jeu et en enjeu de la vulnérabilité pose notamment la question de la porosité des frontières entre les espaces publics, privés et intimes. 

Le colloque vise à interroger la notion de vulnérabilité dans ses origines, mais aussi dans ses implications anthropologiques, institutionnelles, politiques et culturelles. Signe d’une mutation socio-anthropologique récente de la société occidentale, elle demande à être déconstruite afin que l’on puisse en saisir les enjeux pour les individus comme pour les institutions. Le dialogue épistémologique et conceptuel entre les chercheurs permettra de conjuguer et de questionner état des lieux, évaluations normatives et médiations cathartiques.

 

Responsables scientifiques :

  • Marie-Hélène Boblet (LASLAR, université de Caen Normandie)
  • Hélène Marche (CERREV, université de Caen Normandie)
  • Nadine Proia-Lelouey (LPCN, université de Caen Normandie)

 

Contact : helene.marche@unicaen.fr

 

Crédit photo : Plume de chouette, Pixaube via flickr - Licence CC

   

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